Lettre ouverte à Pierre Maudet
Monsieur le Conseiller d’Etat,
Comme vous le savez, près de 15 000 Genevois ont choisi de signer une pétition contre l’interdiction d’Uber à Genève: le message envoyé par la République est clair.
Votre décision d’interdire Uber à Genève est lourde de conséquences. Elle donne l’image d’une Genève en retard sur son temps, méfiante devant le progrès; elle entérine le statu quo, une situation absurde où un seul acteur domine 85% du marché, où les taxis sont les plus chers du monde, au détriment des citoyens genevois. D’un trait de plume, vos services ont également privé des centaines de chauffeurs professionnels d’un moyen de gagner leur vie honnêtement, en toute courtoisie.
Monsieur Maudet, vous avez aujourd’hui le choix. Il appartient à vos services d’interpréter la loi. Vous semblez considérer que toute activité qui n’est pas prévue par la loi est interdite. Cette interprétation est contraire au principe de la liberté économique qui vous est cher et vient servir un monopole privé au détriment des Genevois que vous représentez.
Monsieur Maudet, vous avez aujourd’hui le choix. Nous avons du mal à croire que vous êtes l’otage du cartel des taxis. Vous avez le pouvoir de sortir Genève de cette impasse. Nous apprenons que vous travaillez sur un projet de loi, dont l’objectif est de donner un cadre légal aux sociétés comme Uber. Nous pensons qu’il s’agit d’un premier pas dans la bonne direction. Cependant, force est de constater que votre premier acte au lendemain du lancement d’une pétition qui a mobilisé 15 000 Genevois est une rencontre avec le cartel.
Une nouvelle loi n’est toutefois pas nécessaire pour lever votre interdiction, qui repose sur une interprétation erronée d’une loi élaborée il y a plus de dix ans.
C’est pourquoi dans l’immédiat, et au nom des 15 000 Genevois qui ont pris la peine de soutenir Uber, nous vous demandons de lever l’interdiction qui frappe notre société à Genève. Prendre cette décision, c’est répondre favorablement au message très clair envoyé par Genève. C’est favoriser l’émergence de solutions de mobilités conformes au droit, modernes et adaptées à notre époque. C’est enfin montrer que vous refusez de céder à la menace et aux ultimatums de groupes de pression.
Près de 15 000 Genevois ont signé notre pétition contre l’interdiction d’Uber à Genève: beaucoup de jeunes, beaucoup d’entrepreneurs, ceux qui font la sève de la ville, ceux qui construisent son avenir. Nous savons que l’innovation et le progrès vous sont chers, Monsieur Maudet: pour les défendre, les Genevois s’en remettent à vous. Aujourd’hui, la mobilité à Genève a besoin d’un signe clair de votre part.
Steve Salom
Directeur général, Uber Suisse romande