Entreprise

RSE en entreprise, hypocrisie ou renouvellement de la stratégie d’organisation ?

15 octobre / France

Qu’elles que soient les motivations de l’entreprise, le résultat d’un renouvellement de la stratégie d’organisation a un impact positif sur la société, le bien-être des collaborateurs et l’environnement.

Née dans les années 1950, la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est la prise en compte des enjeux sociaux, éthiques et environnementaux dans l’ensemble des activités d’une entreprise. La philosophie sous-jacente est qu’en accordant autant d’importance à ses profits qu’à son impact sur la société, une entreprise en sortira forcément gagnante. Penser que la RSE ne concerne que l’environnement serait néanmoins une erreur. Elle s’insère dans une démarche globale où l’entreprise tient compte du bien-être de ses ressources humaines autant que de l’impact environnemental de ses divers activités. Afin d’être efficiente, la politique RSE doit s’inscrire dans un environnement économique viable.

Légalement, même si en France la loi Grenelle II promulguée en 2010 est un grand pas en avant, les entreprises restent libres quant à leurs choix de politique RSE. L’International Standard Organisation, ISO, publie régulièrement des guides de bonnes pratiques pour aider les entreprises à oeuvrer dans la bonne direction.

L’impact des entreprises sur l’environnement

Selon l’ONG WWF, 50% des émissions de CO2 des entreprises seraient liées aux déplacements professionnels. Même si ce chiffre est à prendre au conditionnel, il faut néanmoins admettre que les voyages d’affaires sont des émetteurs importants de dioxyde de carbone. Le même rapport WWF précise que “si chaque entreprise européenne réduisaient de 20% leurs déplacements, cela représenterait une économie annuelle de 22 millions de tonnes de CO2”.

La RSE peut alors conduire les entreprises à faire des choix stratégiques au sein de leur politique voyage. Ainsi, pour les déplacements par avion, l’installation de salle de visioconférence peut être une alternative à mettre en place afin de réduire les émissions de dioxyde de carbone tout agissant également sur le stress et la fatigue des collaborateurs. Ces salles de téléconférences sont néanmoins réservées aux grandes entreprises au regard des investissements importants nécessaires (pouvant atteindre 250000 dollars).

Nombreux sont également les fournisseurs qui proposent des calculatrices à émission de CO2 afin que les entreprises puissent évaluer leurs émissions. Air France permet ainsi d’évaluer les émissions de CO2 sur l’ensemble des destinations desservies par la flotte du groupe. La RSE s’intéresse également aux courts trajets quotidiens qui ponctuent la vie des salariés. Des propositions de covoiturage ou de télétravail ponctuel pourront ainsi permettre un réel progrès, à la fois d’un point de vue social que d’un point de vue environnemental.

Les entreprises ont également la faculté fait de compenser financièrement les émissions carbone lors des déplacements professionnels. Ce choix peut être ponctuel ou lié à l’organisation d’un événement. Certaines sociétés sont totalement engagées dans ce processus. Le groupe Nexans compense par exemple tous les vols d’affaires de son personnel depuis le 1er janvier 2010.

Une prise de conscience nécessaire

Il est enfin important d’évoquer l’initiative Science-Based Targets (SBT) qui a été lancée en 2015 conjointement par le Carbon Disclosure Project, le Global Compact des Nations Unies, le World Resources Institute et le WWF. Son objectif est d’aider les entreprises à établir des objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre basés sur des données scientifiques afin de garantir que le secteur privé prenne en compte la nécessité de limiter le réchauffement climatique mondial en dessous de 2°C d’ici à 2050. Kering a été la première entreprise française certifiée et approuvée par le SBT.

  • Pratiquement, pour mettre en place une démarche RSE, six étapes sont conseillées :
  • identifier et valoriser ce qui est déjà mis en place dans l’entreprise ;
  • structurer son engagement et prouver que les choix et actions sont responsables ;
  • travailler avec tous les services concernés – travel management, achats, services généraux – ;
  • être transparent en externe comme en interne ; se faire accompagner et labelliser par un organisme certificateur et communiquer sur son engagement.

Plusieurs raisons peuvent pousser une société à entreprendre une politique RSE mais finalement, que ce soit pour soigner sa réputation ou poussé par de sincères soucis éthiques et économiques, le résultat d’un renouvellement de la stratégie d’organisation a un impact positif sur la société et l’environnement, il ne peut donc s’agir d’hypocrisie.